Maurice, l’île de rêve

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Cette île de l’océan Indien passe pour être la destination préférée des jeunes mariés. Mais ses plages magnifiques et ses parcours de rêve sont toujours plus appréciés des golfeurs et golfeuses suisses. A noter: le greefee est compris dans le prix de la chambre dans de nombreux hôtels dotés d’un parcours de golf.

Aucune autre île n’évoque autant le paradis que l’île Maurice. Ses plages d’un sable blanc immaculé, sa mer scintillante d’un bleu turquoise, son agréable chaleur et sa végétation luxuriante y sont pour beaucoup. Observée depuis les volcans éteints qui se se dressent dans les terres intérieures, l’île fait penser à une émeraude verte au milieu de l’océan Indien. 
 
L‘Heritage veut se développer
Près de 90% des surfaces agricoles de l’île Maurice sont recouvertes de canne à sucre, et cependant le tourisme a pratiquement autant d’importance que la production de sucre. Outre les jeunes mariés, l’île de rêve attire toujours plus de golfeurs. «Quelque 80% de nos clients jouent sur l’Heritage», explique Michel Fredric, general manager de l’hôtel de luxe Heritage Le Telfair, au sud de l’île. Il arrive parfois que les golfeurs soient «trop à l’étroit» sur le parcours. Effectivement, il faut s’armer de patience pour jouer ce difficile parcours de championnat. Les flights à quatre se succèdent au départ toutes les huit minutes.
Depuis trois ans, les joueurs professionnels de l’European Tour, de l’Asian et du Sunshine Tour s’affrontent régulièrement sur l’Heritage Golf. «Depuis le premier Afrasia Bank Mauritius Open, l’intérêt s’est encore fortement accru. Nous avons absolument besoin d’un deuxième parcours 18 trous», reconnait le Français. Celui-ci devrait être terminé dans deux ans. Les 18 trous du Golfclub Heritage, dessinés par l’architecte Peter Matkovich, traversent un paysage bien vallonné. Le premier trou est assez impressionnant, un par 4 de presque 400 mètres de longueur des départ messieurs, en montée. De magnifiques vues sur l’océan nous récompensent de temps à autre, même si cette vision est peu à peu supplantée par celle des villas du resort. 
Le parcours, qui fait 6500 mètres de longueur pour les professionnels, est extrêmement difficile, même depuis autres tees. La voiturette est recommandée, même si elle n‘est pas comprise dans le prix de l’hôtel. Le green fee coûte 165 francs pour les clients des hôtels voisins Heritage Telfair et Awali.
Les amateurs d’extravagance pourront, moyennant un supplément de 150 euros par personne, louer tout l’étage supérieur du «Chateaux Bel Ombre». Le terrain d’atterrissage de l’hélicoptère ne se trouve qu’à quelques mètres. Notre partenaire, venant de Prague, se laisse irriter par le bruit et, à l’approche de l’hélicoptère, met sa balle dans l’eau au trou no 7. 
 
Un «Paradis» bien arrosé
Le Paradis Golf Club, situé à proximité, est entouré d‘encore plus d’eau. Nous n’avions pas compté avec l’averse violente, venue de nulle part, qui s’abat sur nous. «Les courtes averses tropicales quotidiennes assurent un arrosage naturel», explique le directeur du Golf, Mario Desvaux de Marigny. Il est déjà arrivé que ce parcours, situé au bord de l’océan Indien, soit inondé, mais il redevient vite jouable, ajoute le directeur. 
Le parcours de Paradis est complètement plat, et, au premier coup d’œil, relativement facile. Toutefois, les milliers de cocotiers longeant les fairway demandent un jeu précis, tout comme les nombreux obstacles d’eau, les lacs et les ruisseaux, particulièrement sur les back nine. Le terrain côtoie parfois directement l’océan Indien, et les trois derniers trous valent le détour: le 16, un par 5, passe par-dessus la lagune, le 17 est court mais très beau. On regrette que la partie finisse aussi vite...
Sur ce parcours, les clients des hôtels Paradis et Dinarobin, qui font partie du resort, paient un greenfee symbolique de 25 euros. La voiturette n’est pas réellement nécessaire, mais la plupart des clients en prennent une en raison de la chaleur, équipée bien entendu d’un GPS. Pour le pro Marcus Knight, qui joue depuis des années sur les parcours de l’île Maurice avec ses clients, Paradis est «le parcours de golf le plus agréable et le préféré des vacanciers suisses». Avec plus de 30‘000 green fees vendu par année, il accueille pratiquement autant de joueurs que l’Heritage Golf Course.
 
Tamarina: tranquille mais ardu
Le temps était nettement plus paisible lors de notre visite sur la côte ouest. Le Tamarina Golf, ouvert en 2006, a été le premier projet immobilier golfique de l‘île, et ses villas opulentes sont discrètement disséminées sur le vaste terrain. Ce qui saute aux yeux, c’est l’espace sur les fairways. Avec ses 6886 mètres de longueur des départs de championnat, le Tamarina se targue d‘être le plus long parcours de l’île. Le slope rating des départs noirs s’élève à un impressionnant 150, et il fait encore 135 des départs jaunes «normaux»...
La mer n’est pas visible, mais la nature y est prépondérante. Le starter nous met en garde contre les singes qui volent parfois des téléphones portables. Nous avons donc tout bien rangé dans le sac de golf. Mais il y a longtemps que les primates se sont habitués aux golfeurs. Au trou no 5, nous quittons notre voiturette pour nous rendre au départ. Un petit singe en profite pour sortir de nulle part, il ouvre la fermeture éclair de mon sac et pique mon ravitaillement. Je peux faire une croix sur ma banane. L’animal défend son butin avec un grognement menaçant. Il s’assied par terre, la banane dans la bouche, et nous regarde poursuivre notre chemin en voiturette.

Un long par 3 nous fait ensuite traverser une impressionnante gorge. Vu le défi que cela représente, la chaleur et la banane volée, nous sommes contents d’arriver au «halfway house» et de nous sustenter avec de très bons sandwiches. Malgré un nouvel avertissement au trou no 10, nous ne rencontrons plus de singe et profitons de notre partie, accompagnés des gazouillements des oiseaux, sans rencontrer âme qui vive. La fin de la partie est spectaculaire. Le deuxième coup en descente sur le trou no 18 nous conduit, nous semble-t-il directement dans la jungle. 
 
Avalon: un parcours en hauteur
Le même sentiment nous envahit sur l‘Avalon Golf Estate, ouvert il y a deux ans seulement dans la partie sud de l’île, près du «Grand Bassin». Une végétation luxuriante, des gorges, de petites rivières et des plantations de thé bordent les trous. Grâce à sa situation en hauteur, on a de bonnes vues sur la mer. Même si les dénivelés sont très modérés, la voiturette est conseillée car les trous sont parfois assez éloignés les uns des autres. Il y a beaucoup d’espace sur les premiers trous, même si le «signature hole» est nettement plus court et plus étroit. On est tenté d’attaquer le green en contrebas de ce court par 4 avec le coup de départ, mais un rough épais nous guette sur la droite. Le Sud-Africain Peter Matkovich en a signé le design. Il vaudrait mieux jouer l’Avalon avant que les nombreuses villas prévues soient construites, mais malgré cela le parcours devrait rester une expérience inoubliable.
 
Mont Choisy: un nouveau parcours au nord
Ouvert en novembre passé seulement, le troisième parcours de Peter Matkovich est déjà nettement plus en avance pour ce qui est de la construction des villas. Mont Choisy est le seul parcours de golf au nord de l’île. Même si on n’a jamais l’occasion d’y voir la mer, le parcours, avec ses fairways doucement ondulés, se joue comme un links, pratiquement sans arbre, mais pourvu d’obstacles d’eau. De petites collines bordent les trous, et grâce à cinq par 5 et cinq par 3 on ne s’y ennuie jamais, surtout sur les back nine. Le court trou no 15, avec son green en île, assure le spectacle. Sur le 13, l’obstacle d’eau se situe au milieu des deux fairways. On aperçoit les maisons de vacances fraîchement construites sur le dernier trou, mais elles ne gâchent en rien le plaisir de jouer. Même si le nord de l’île Maurice est la région la plus exploitée depuis le plus longtemps, les visiteurs ont dû attendre jusqu’à aujourd’hui l’ouverture d’un parcours de golf dans la région.
 
Des chantiers sur l‘Anahita 
Il y a nettement plus de choix sur la côte est de l’île. Le 18 trous d‘Anahita, dessiné par Ernie Els, a ouvert il y a dix ans. Un parcours parfaitement entretenu, offrant de temps en temps des vues de rêve sur la mer, grâce auxquelles on oublie vite la plupart des difficultés. Le trou no 1, le plus facile, mesure 345 mètres des départs hommes les plus avancés. Les dames se voient gratifier d’un net avantage aux départs, afin que le plaisir de jouer ne soit pas lésé. 
Les clients du Long Beach Hotel ne doivent payer séparément le buggy obligatoire qu’en haute saison, et le transport en minibus est compris dans le prix de la chambre. Il faut débourser un peu plus de 10 francs pour la bière bien méritée après la partie. «Ce n’est pas possible», s’emporte notre partenaire de golf autrichienne. Mais on s’habitue vite aux prix pratiqués sur cette île de luxe. 
Ce qui saute aux yeux, ce sont les nombreux chantiers le long du parcours. Un grand nombre de villas sont en cours de construction, avec le vacarme qui va avec. Lors de notre visite, les gabarits étaients posés sur les parcelles le long des back nine, attendant que les machines entrent en action. Les villas les plus chères, situées au bord de la mer, devraient se vendre 15 millions d’euros. Voilà qui relativise le prix de la bière…
 
En bateau sur l‘île
En face de l‘Anahita on aperçoit l‘«Ile aux Cerfs». La course en bateau de huit minutes qui nous amène au parcours de golf est une expérience en soi. Bernhard Langer a conçu un parcours de championnat exigeant, personnellement mon favori sur l’île Maurice. Ceci également du fait que mis à part le clubhouse, il n’y a aucune autre construction sur l’île. Rien entre le parcours de golf et la mer, mais ces deux éléments réunis sont plus que suffisants. Le parcours comprend neuf lacs. Il est bordé de plages de sable blanc sur lesquelles les habitants de l’île organisent des grillades pour les touristes, pendant que les golfeurs essaient de perdre le moins de balles possible. Les «Langer tees» pour les pros ont un slope rating incroyable de 155, alors que celui des départs jaunes «normaux» s’élève à un raisonnable 124. Divers trous ont été simplifiés ces dernières années, par exemple les 8, 9 et le 18, sur lequel un nouveau green a carrément été construit. Malgré tout, le départ par-dessus la forêt de mangroves reste extrêmement difficile à jouer. Les neuf seconds trous longent l’océan. Une pause photo est obligatoire sur le green du trou no 12, avec le bleu profond de la mer en arrière-plan. Si tous les golfeurs ont bien leur smartphone en main, mieux vaut ne pas oublier d’emporter avec soi assez de balles sur l‘Ile aux Cerfs. Les clients du Sun Resorts (Long Beach Hotel et Ambre) peuvent y jouer gratuitement, et la voiturette n’est pas nécessaire, sauf en cas de grosse chaleur.
 
Belle Mare et ses deux parcours privés
Il est plutôt curieux que les deux parcours situés juste à côté de l‘hôtel, le «Links» et le «Legends», ne soient pas ouverts aux touristes. Ils sont en effet réservés aux clients de l’hôtel Belle Mare Plage. Les meilleurs joueurs de l’European Senior Tour se retrouvent chaque année en décembre pour leur grande finale sur le «Legends», le plus ancien parcours de championnat de l‘île. Le reste de l’année, celui-ci est ouvert aux clients de l’hôtel.
Un jeu précis est nécessaire pour s’en sortir, entre les épaisses forêts de mangrove et les nombreux lacs. C’est seulement en fin de partie que la mer entre en jeu: au trou no 17, où un carry de 140 mètres par-dessus l’eau est nécessaire pour atteindre le vaste green. La soixantaine de cerfs que l’on aperçoit de temps en temps entre les arbres et le soir devant le restaurant confère un charme particulier à l’endroit. Le «Links Course», ouvert en 2002, ne se trouve qu’à cinq minutes en voiture de l’hôtel.
Même s’il n’a rien d’un links, ce parcours est nettement plus vallonné et plutôt varié. Une suite de trous spectaculaires parmi lesquels il est bien difficile de choisir notre préféré. Ici aussi les différences entre les départs hommes et dames sont énormes: 1400 mètres sur 18 trous. Les deux parcours du resort sont si appréciés des touristes du monde entier qu’un agrandissement semble nécessaire. La construction d’un troisième terrain est en discussion depuis des années, mais pour le moment il n’y a «rien de concret à ce sujet», comfirment les responsables de Belle Mare Plage.
 

Maurice - l’île de rêve