Le nouveau mot d’ordre sur les départs: «La couleur avant le sexe»

Les parties de golf qui durent (trop) longtemps sont un sujet récurrent. Le R &A a décidé de s’attaquer concrètement au problème du «pace of play» en appliquant diverses mesures. Par exemple, ce n’est plus le sexe qui devrait déterminer la couleur du départ, mais le niveau de jeu. Les joueurs à handicap élevé pourraient ainsi jouer depuis les front tees.

Combien de temps dure en moyenne votre partie de 18 trous? C’était l’une des nombreuses questions posées par le R&A dans un grand questionnaire adressé à presque 60 000 golfeuses et golfeurs dans le monde entier. La réponse la plus fréquente a été «de 4 heures à 4 ½ heures». Et si  l’on joue le weekend sur un parcours suisse bien occupé, on peut s’attendre à ce que les parties durent encore plus longtemps. La plupart des gens se plaignent du jeu lent des autres, mais ils se sentent rarement eux-mêmes «fautifs».
«Les parties rapides sont dans l’intérêt de tous, car personne n’aime attendre», déclare Reto Bieler, capitaine du Golfclub Breitenloo et responsable au sein du comité de l‘ASG du Course Rating et du système de handicapping. Des parties plus rapides sont plus agréables pour les joueurs et génèrent plus de monde sur le parcours. Les club managers et même les grenkeepers ont intérêt à ce que la vitesse de jeu soit fluide. «Ces trois groupes ont tous un intérêt et chacun peut y contribuer à sa façon». C’est en résumé le message de la nouvelle brochure publiée ce printemps par le R&A à St Andrews.

Reto Bieler précise que l’ASG a aussi pu apporter sa contribution à la brochure, et qu’elle soutient entièrement les diverses recommandations du R&A. Pour la Suisse, la proposition la plus adaptée est celle du choix de la couleur du teebox, qui devrait être déterminé non plus par le sexe du joueur mais par son niveau de jeu. «Aux USA, cette pratique existe depuis longtemps, en Angleterre les clubs commencent à s’y mettre, mais dans nos contrées cela reste encore souvent une sorte de tabou», reconnaît Reto Bieler.
 
Changer les mentalités
Les messieurs ont toujours joué des départs blancs et jaunes, les dames des départs bleus et rouges, que cela ait un sens ou non. Le R&A recommande maintenant de déterminer les départs non plus par le sexe, mais par le niveau de jeu. «Sortir les départs dames de la tête des golfeurs n’est pas une tâche facile, mais c’est notre objectif précis», explique Reto Bieler. Le jeu des front tees donne nettement plus de satisfaction aux joueurs à haut handicap, améliore les résultats et la vitesse de jeu. Aujourd’hui déjà, de nombreux Seniors de plus de 75 ans jouent des départs bleus. «Le choix de la couleur de départ ne devrait plus dépendre de l’âge, mais du niveau de jeu». Avec des ratings séparés pour chaque teebox, les messieurs et les dames peuvent partir de tous les départs. En tournoi aussi, tous les joueurs ne sont pas obligés de tenter leur chance depuis la même couleur.  
Pour Reto Bieler, il est clair qu’il faut changer les mentalités et que le choix du teebox n’est «qu’une mesures parmi de nombreuses autres». Par exemple, il est important de donner aux golfeurs les indications les plus concrètes possibles par rapport au temps à jouer pour une partie. «A Breitenloo, un temps indiqué de quatre heures pour un flight de quatre figure sur la carte de score», explique le capitaine du club. Les indications temporelles ne sont pas seulement utiles durant les tournois mais aussi lors des parties amicales. Il s’agit d’une «responsabilité personnelle et d’un autocontrôle».
 
Différents facteurs
Mais la durée des parties de golf ne dépend pas seulement des joueurs. Diverses études ont montré qu’environ 50% des coups sont joués autour du green et que les greens rapides ralentissent nettement le jeu. La vitesse de roulement idéale sur le green mesurée par le stimpmeter est de 2,7 mètres. Pour chaque pied (30 centimètres) de plus, la durée de la partie augmente de 10 minutes. De la même façon, un rough haut signifie dans la plupart des cas des temps de passage nettement plus élevés....
En tournoi justement, on peut économiser passablement de nervosité et de temps dans les flights à trois en fixant des intervalles de départs assez élevés, ou en introduisant de temps en temps ce qu’on appelle un «puffer flight». Lors des grands championnats ASG, les heures de passages clairement déterminées aident à améliorer le «pace of play». «Il est clair qu’on ne peut pas contrôler les gens de cette manière dans les tournois sponsorisés», reconnaît Reto Bieler. Dans ce cas, il recommande en général un départ au canon, ce qui permet également aux joueurs de revenir tous en même temps au clubhouse.
 
Les attentes des joueurs sont importantes
Les attentes des visiteurs et des membres sont importantes, c’est pourquoi il est nécessaire de connaître, de communiquer et également de contrôler les temps de passage, suggère-t-il à l’attention des clubs ASG. «Maintenant que les brochures sont sorties, nous allons aussi prendre contact avec les head greenkeepers et les managers. On y trouve de nombreux autres conseils et outils pour savoir comment maîtriser le temps de jeu, car, comme on l’a dit, une vitesse de jeu raisonnable est dans l’intérêt de tous».
Des commissions sont en discussions pour adapter les règles de golf à moyen terme. Le R&A est responsable, conjointement avec l’USGA américain, des règles au niveau mondial.  Reto Bieler sait que de premières discussions ont eu lieu. Une des pistes serait de considérer les balles hors-limites de la même manière que les balles tombées dans les obstacles d’eau. Mais ces discussions n’en sont visiblement encore qu’à «un stade très précoce». 
Jusqu’à ce que d’éventuelles adaptations de règles aident à rendre le jeu un peu plus rapide, ce sont les golfeuses et les golfeurs qui sont sollicités en premier lieu. Vous trouverez pour rappel dans notre encart les astuces principales pour favoriser un jeu plus rapide.
 

Les astuces principales en un coup d‘oeil
Choisissez votre couleur
Jouez du tee depuis lequel vous avez le plus de plaisir. Le rating prend de toute façon en compte une distance plus courte, si par exemple en tant qu’homme vous partez des bleus. L’inverse est également valable pour les dames qui ont un bon niveau de jeu. En général, elles reçoivent plus de coups des départs jaunes.
 
«Ready Golf»
C’est le premier qui est prêt qui joue. Le score du trou précédent (l’honneur) ou la distance exacte au trou ne comptent pas.
 
 
«Pre Shot Routine»: se préparer correctement
Une préparation correcte avant le coup est très importante en golf. Habituez-vous cependant à avoir une routine de préparation raisonnable. Jouer six coups d’essai et balancer encore quatre fois la tête de club derrière la balle n’est définitivement ni cool ni efficace. La classe: avant de jouer votre coup, placez-vous derrière la balle et essayez de visualiser le coup. Sur le Tour, les professionnels ont 40 secondes pour se préparer au coup, et ça semble déjà une éternité. Essayez avec 30 secondes.
 
Coups d‘essai
Oui, c’est vrai, les coups d’essai font partie d’une bonne routine de préparation. Mais trop d’amateurs exagèrent, surtout dans les situations de stress (c’est-à-dire presque tout le temps), et font beaucoup trop de coups d’essai, sans garantie de meilleur résultat. Un à deux coups est une bonne moyenne, et cela peut être des esquisses de coups et pas des pleins swings.
 
Le laser
Aujourd’hui tout le monde mesure ses distances sur les parcours de golf, que ce soit avec des instruments de mesures laser, des montres GPS ou des applications pour smartphone, ce qui, selon l’instrument utilisé, peut prendre plus ou moins de temps. Notre conseil: partagez-vous les informations! Il est permis de poser des questions et de donner des renseignements. Un autre truc: utilisez votre laser quand les autres jouent et comptez ensuite les mètres suivants avec vos pas (un pas, un mètre).
 
Putter: se préparer à temps
Même les bons joueurs ont souvent besoin de temps sur les greens. Ce qui est acceptable jusqu’à un certain point, mais il y a des limites. Une idée : quand vos partenaires de jeu regardent la ligne de putt, faites de même. Observez également les putts des autres joueurs : ils vous donneront des informations sur la vitesse et les breaks du green. Un, maximum deux putts d’essai suffisent. Ne vous mettez pas dans la ligne de putt d’un joueur, ni derrière le trou. Cela dérange même les bons joueurs.
 
Marquer
Apprenez à jouer les putts courts jusqu’à la fin, même en tournoi. Chez nous, certaines personnes ont tendance à tout dramatiser et à demander avec moult précautions à leurs partenaires de flight s’ils peuvent se permettre de terminer le trou. Si votre balle se trouve à moins de 30 centimètres du trou, continuez de jouer sans poser de question. Lors des parties amicales, offrez aussi de temps en temps les putts courts.
 
Lever la balle
Un principe valable surtout pour les débutants: quand on n’a plus de point, on lève la balle et on trace le trou, ceci de toute façon en tournoi, mais aussi en partie amicale si des flights attendent derrière nous.
 
Balle provisoire
En stroke play (ou si vous avez encore des points), jouez toujours une balle provisoire en cas de doute. Rien n’est plus irritant que de devoir revenir en arrière, sans parler de la perte de temps. Si la situation exige que vous deviez revenir sur vos pas pour jouer une nouvelle balle, permettez au flight suivant de jouer entre-temps.
 
Placer correctement le chariot et le sac
Ne laissez pas votre sac devant le green, mais déposez-le au point le plus proche du départ suivant. Vous pouvez aussi parfois laisser votre chariot directement au départ suivant et revenir au green avec le putter et éventuellement un wedge.
 
Jouer en match play
Chaque trou est une nouvelle chance. Vous jouez contre un adversaire et non pas contre vos propres attentes, ni contre le parcours, ce qui procure encore plus de plaisir et permet de tracer des trous et d’offrir des putts.